Hijâb, jilbâb, niqâb: quelles différences linguistiques et religieuses?

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Question : Allâh Sobhânahou a dit {Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un hijâb} (trad relat). Cela signifie-t-il qu’il ne soit pas permis à la femme de parler avec un homme -comme cela est notre cas de nos jours- ou alors qu’elle doit porter le niqâb ? Et quel est le jugement religieux sur le port du niqâb pour la femme et quelle en est la preuve ?

Shaykh Al Albânî : premièrement, concernant le verset cité précédemment {Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un hijâb} (trad relat), beaucoup de gens de science se trompe sur l’explication du « hijâb » dans ce verset, puisqu’ils expliquent « hijâb » par « jilbâb » et cela est une erreur. Le « hijâb » dans le verset est ce qui empêche de voir, quel que soit le type de cette dissimulation, qu’elle soit faite de tissu, de bois, de pierre ou un mur etc.

Le verset est très clair : il s’adresse aux hommes qui viennent frapper à la porte de leurs frères (coreligionnaires) et que la femme sortit pour parler à celui qui frappait à la porte. Et il ne lui est pas permis d’agir comme agissent beaucoup de femmes qui ne craignent pas Allâh Azza wa Jall en elles-mêmes. Un homme frappe à la porte, soit un ami de son mari ou son voisin ou son boulanger ou son boucher etc… il frappe donc à la porte, elle lui ouvre et elle se comporte avec lui comme s’il était son frère ou son père. Cela notre Seigneur Azza wa Jall l’a interdit : que la femme se montre devant celui-ci qui frappe à la porte et qu’elle ne lui parle que derrière un « hijâb ». Cela ne signifie pas vêtue d’un jilbâb puisque lorsque la femme sort de chez elle, il lui incombe de sortir étant vêtue d’un jilbâb.  Il ne lui est pas permis de sortir dans les vêtements portés lors de ses occupations (usuelles) chez elle. Nous savons tous que la femme se met à l’aise chez elle quant à sa tenue vestimentaire et qu’évidemment elle ne sort pas ainsi de chez elle à moins de jeter un jilbâb sur son corps.

Donc comme la femme reste ainsi chez elle, il ne lui est alors pas permis de parler à celui qui frappe à sa porte si ce n’est derrière un mur, derrière un rideau, derrière un hijâb – et le hijâb ici n’est pas le jilbâb. Et cette distinction entre les deux termes du Qur’ân, la distinction entre le hijâb et le jilbâb, je l’ai mentionnée depuis longtemps dans chaque édition de mon livre « le hijâb de la femme musulmane dans le Livre et la sunna». J’avais attiré l’attention sur cette distinction et le mérite de cette distinction revient à shaykh Al Islâm Ibn Taymiyya, qu’Allâh lui fasse miséricorde. Puis, j’ai trouvé, lors du retirage du livre, qu’il y aurait une sagesse et manière forte pour attirer l’attention des gens sur cette distinction que de modifier le titre de mon livre antérieur « le hijâb de la femme musulmane» en « le jilbâb de la femme musulmane ». Car, en vérité, ce livre n’est pas une recherche sur le hijâb même mais plutôt sur le jilbâb. J’ai parlé du hijâb involontairement. Quant au livre dans son entier, il porte sur le jilbâb et ses conditions. C’est pourquoi, à titre de distinction entre les deux termes, j’ai changé l’ancien titre en « le jilbâb de la femme musulmane ».

Ainsi, Sa Parole Ta’âlà {Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un hijâb} (trad relat) ne signifie pas derrière/portant un jilbâb puisqu’elle porte déjà le jilbâb en sortant de chez elle. Mais elle signifie qu’il n’est pas permis à cette femme de paraître avec ses vêtements de maison devant celui qui demande (quelque chose) frappant à la porte de chez elle.

Quant à ce qui est venu dans la question, relatif au niqâb, son traité est détaillé dans le livre cité précédemment « le jilbâb – ou le hijâb (de la femme musulmane) » : et il nous est apparu, après étude approfondie, que le niqâb est une affaire légiférée souhaitable. Et le niqâb est ce par quoi la femme couvre son visage et il est une chose ajoutée au jilbâb. Le jilbâb n’est pas le niqâb et le niqâb n’est pas le jilbâb. La femme couvre tout son corps sauf le visage avec le jilbâb. Et si elle veut parfaire la pudeur et la préservation alors elle met le niqâb sur son visage, cela est meilleur pour elle et plus préservant.

Mais, il y a une différence entre le jugement du jilbâb et celui du niqâb. Le jilbâb est une obligation pour toute femme pubère. Quant au niqâb, il est une sunna et non une obligation. C’est pourquoi il ﷺ a dit « la femme en état d’ihrâm ne porte pas de niqâb ni de gants ». Il n’est pas permis à femme en état d’ihrâm pour le hajj ou la omra de mettre le niqâb tout comme il ne lui est pas permis de porter des gants, c’est à dire ‘les chaussettes des mains’ si cette expression est correcte. Mais dans la vie ordinaire, il lui est légiféré de porter le niqâb et il lui est permis de mettre des gants.

Il n’est ainsi donc guère permis à l’étudiant en science de faire l’amalgame entre le jilbâb et le niqâb. Il n’y a aucun rapport entre les deux affaires ni en tant que vêtement ni dans leur rapport au jugement religieux. Ainsi, le jilbâb est un vêtement par lequel la femme couvre son corps en entier sauf le visage alors qu’avec le niqâb, la femme couvre son visage mais pas son cou ni sa poitrine ni son dos. Le jugement diffère donc comme nous l’avons mentionné: le jilbâb est une obligation et le niqâb est une sunna.

 

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