Comment savoir si je suis sincère ? Quelle balance pour le savoir ?

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Shaykh Ibn l-Utheymîne a été interrogé sur la signification de la sincérité ? Et lorsqu’un serviteur recherche autre chose à travers son adoration, quel en est alors le jugement ?

Il répondit : le sens de la sincérité envers Allâh Ta’âlà est « que l’individu ait pour objectif à travers son adoration de se rapprocher d’Allâh Sobhânahou wa Ta’âlà et atteindre la demeure de Ses grâces (le paradis) ».

Et lorsque le serviteur recherche autre chose par son adoration, un distinguo existe fonction des cas suivants :

1/ premier cas : qu’il veuille, dans cette adoration, se rapprocher d’autre qu’Allâh Ta’âlà et en obtenir l’éloge des créatures. Cela annihile alors l’œuvre et fait partie du polythéisme. Dans le sahîh, selon un hadîth d’Abou Houreyra, qu’Allâh l’agréé, le Prophète ﷺ mentionna : « Allâh Ta’âlà a dit ‘’Je Me passe largement d’être associé à quelqu’un. Quiconque accomplit un acte dans lequel il M’associe quelqu’un, Je le délaisse, lui et son polythéisme”.’’ » (trad relat du hadîth).

2/ deuxième cas : qu’il veuille à travers cette adoration atteindre un objectif mondain comme le leadership, le prestige ou des richesses, sans chercher à travers elle à se rapprocher d’Allâh Ta’âlà. Son œuvre est alors annihilée, elle ne le rapprochera pas d’Allâh Ta’âlà selon Sa Parole {ceux qui veulent la vie présente avec sa parure, Nous les rétribuerons exactement selon leurs actions sur terre, sans que rien leur en soit diminué. Ceux-là qui n’ont rien, dans l’au-delà, que le Feu. Ce qu’ils auront fait ici-bas sera un échec, et sera vain ce qu’ils auront œuvré} (1)

Et la différence entre celui-ci et le précédent, c’est que le 1er a voulu qu’on lui fasse des éloges du fait qu’il soit adorateur d’Allâh Ta’âlà ; quant au deuxième, il n’a pas eu l’intention d’obtenir des éloges du fait qu’il soit adorateur d’Allâh, ne le préoccupait guère d’obtenir l’éloge des gens à travers son œuvre.

3/ troisième cas : qu’il veuille à travers elle se rapprocher d’Allâh Ta’âlà ainsi que l’avantage mondain qui en découlerait, par exemple il a l’intention dans la purification et d’adorer Allâh Ta’âlà et revivifier et nettoyer son corps. Et avec la prière, il veut aussi faire de l’exercice et stimuler son corps ; et avec le jeûne, il veut mincir et se détoxifier ; et avec le pèlerinage, voir les lieux du pèlerinage et les pèlerins. Cela diminue la récompense de la sincérité. Mais, si ce qui prédomine en lui est l’intention de l’adoration, il aura tout de même perdu la complétude de la récompense. Mais cela ne lui nuira pas car ce n’est pas un péché ou une désobéissance, selon Sa Parole Ta’âlà au sujet des pèlerins {ce n‘est pas un pêché que d’aller en quête de quelque grâce de votre Seigneur} (2).

Et si ce qui prédomine en lui est l’intention d’autre que l’adoration, il n’aura alors aucune récompense dans l’au-delà mais sa seule récompense sera ce qu’il aura obtenu ici-bas. Et je crains qu’il ne soit par cela pécheur puisqu’il a fait de l’adoration – qui est le plus noble des objectifs- un instrument pour ce vil bas monde. Cela est comparable à ceux au sujet desquels Allâh a dit: {il en est parmi eux qui te critiquent au sujet des aumônes : s’il leur en est donné, les voilà contents ; mais s’il ne leur en est pas donné, les voilà pleins de rancœur} (3). Et dans les sunans d’Abou Daoud, selon Abou Houreyra, qu’Allâh l’agréé, un homme dit « ô messager d’Allâh, qu’en est-il d’une personne qui a l’intention de participer au jihâd dans le but d’acquérir quelque bien mondain ? », le Prophète ﷺ répondit « il n’aura point de récompense ». L’homme réitéra sa demande trois fois et le Prophète ﷺ de répondre « il n’aura point de récompense ». Et dans les deux sahîhs, selon Omar Bn l-khattâb, qu’Allâh l’agréé, le Prophète ﷺ a dit « Celui dont la hijra est pour obtenir quelque chose de la vie d’ici-bas ou pour épouser une femme alors sa hijra est vers ce pour quoi il l’a faite».

Et si en lui, les deux choses furent équivalentes, que ne prédomina ni l’intention cultuelle ni l’intention autre que cultuelle, alors cela est discutable. Mais le plus proche de la vérité est qu’il n’a aucune récompense, tout comme celui qui a œuvré et pour Allâh Ta’âlà et pour autre que lui.

Et la différence entre ce cas et celui qui le précède est que l’objectif non cultuel dans le cas précèdent se produit comme conséquence de l’adoration, sa volonté est une volonté lucrative en conséquence de son acte et c’est comme s’il avait voulu ce qui suit l’œuvre à titre de bénéfice mondain.

Si l’on demande : quelle est la balance pour déterminer si, dans ce cas, ce qui prédomine dans son intention est le cultuel ou non ?

Nous répondons : la balance est que s’il ne se soucie pas de tout ce qui est en dehors de l’adoration, que cela se produise ou ne s’est point produit, cela montrera alors que ce qui prédomine est l’intention cultuelle. Et vice-versa.

En tout état de cause, l’intention – qui est la parole du cœur – est une chose énorme et son affaire périlleuse : elle peut élever le serviteur au rang des sincères et elle peut le refouler au niveau le plus bas. Certains prédécesseurs ont dit « le plus dur des combats que j’ai mené contre mon âme est lorsque j’ai voulu l’obliger à être sincère».

Nous demandons à Allâh de nous accorder, à nous comme à vous, la sincérité dans l’intention et la droiture dans l’œuvre.

(1) Trad relat s.11, v.15-16       (2) Trad relat s.2, v.198    (3) Trad relat s.9, v.58

 

 

 

 

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